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Focus : "Quelqu'un en vue", le mystère de la première de couverture.

Focus première de couverture Quelqu'un en vue par Mally's Books

La première de couverture de Quelqu’un en vue, d’Inès Benaroya m’a beaucoup interpellé lors de ma dernière lecture. Si bien bien que m’est venue l’envie de décortiquer sa construction afin de découvrir le secret de sa mystérieuse aura. Dans cet article, je vous propose donc une courte analyse graphique de l’image et ses significations cachées.

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En communication, on nous apprend que la majorité créations graphiques à visée marketing se lisent en Z, en partant du coin en haut à gauche pour s’achever en bas à droite. Si on analyse de plus prêt la première de couverture de Quelqu’un en vue, on parvient d’ores et déjà à identifier le cœur de l’intrigue.

En haut à gauche, trône le nom de l’auteure, le titre du livre et son genre. Ces informations sont essentielle à l’identification de l’objet et représentent le point de départ de “l’aventure lecture.”
Puis, notre œil est attiré par l’image en elle-même, et si on la regarde attentivement, on voit bien qu’au centre, le mur de l’immeuble matérialise une sorte de séparation. A gauche, l’impersonnel, l’indifférent, le vague. A droite, des appartements se rapportent à des vies de famille, différents destins bien particuliers.

Poursuivons notre lecture en Z, en bas à gauche se trouvent le nom de la maison d’édition : Flammarion. Par analogie, on pourrait rapprocher le nom de la maison d’édition à ce que serait la baseline sur une affiche publicitaire. La baseline est en quelques sortes la signature, ce qui détermine les contours d’une campagne publicitaire. Dans le monde de l’édition associer le nom d’une maison à un ouvrage littéraire signifie que le texte présenté dans le livre correspond à la ligne éditoriale de la société. Là aussi, il s’agit d’un élément informatif qui a une importance capital pour situer le titre sur le marché.

Enfin notre œil finit sa course en bas à droite et s’accroche sur ces deux fenêtres allumées, en opposition avec les deux niveaux de fenêtres au dessus qui sont, soit baignées d’obscurité, soit voilées. Dans les deux cas, on notera une coupure de l’accroche visuelle. En revanche, en bas à droite, cette lumière allumée nous ouvre le regard sur un intérieur, nous invite à entrer dans l’intimité des membres de cette famille. L’homme étant curieux de nature, on observe. Que fait cette femme face à cet homme ? Quelle est leur décoration ? Semblent-il heureux ? Malheureux ?

Finalement le cœur de l’histoire est d’ores et déjà dévoilé puisque le roman d’Inès Benaroya nous invite dans l’intimité de Valériane, l’observée et de Vincent, l’observateur que nous incarnons en tant que lecteur.

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Après tout, apprendre à lire entre les lignes fait tout le charme d’un roman, mais apprendre à lire sa charte graphique l’est tout autant. Ce petit billet vous a-t-il plu ? Ayant suivi des études de communication, je me suis personnellement beaucoup amusée à l’écrire. Si l’exercice vous intéresse, c’est avec plaisir que je m’y plierai à nouveau lors d’une prochaine lecture.

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