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Là où brillent les étoiles : sur les traces d’une enfance brisée

Là où brillent les étoiles, Chronique littéraire par Mélissa Pontéry

Avec Là où brillent les étoiles, Nadia Hashimi plonge une nouvelle fois dans l’histoire afghane et ses silences. Un roman dense et documenté, porté par une héroïne dont le parcours intrigue autant qu’il maintient à distance.

Quatrième de couverture…

Kaboul, 1978. Sitara, dix ans, mène une vie heureuse avec sa famille au palais. Son père est le bras droit du président. Un soir, elle quitte sa chambre sur la pointe des pieds pour regarder les étoiles. Cette nuit-là, c’est le coup d’État ; aucun des siens n’y survivra. Si elle a la vie sauve, c’est grâce aux étoiles.

Mais l’orpheline n’est en sécurité nulle part dans ce pays qui a changé de visage. Confiée aux soins de deux femmes prêtes à tout pour lui assurer de meilleurs lendemains, Sitara trouve refuge aux États-Unis. Des années après son exil, le passé revient frapper à la porte, ne lui laissant d’autre choix que de retourner en Afghanistan pour faire toute la lumière sur cette nuit où sa vie a basculé et rendre hommage à ceux qui n’ont pas été sauvés par les étoiles. Ce douloureux retour aux sources est peut-être sa seule chance de se réconcilier avec le passé.

Les cicatrices de l’Histoire

Avec Là où brillent les étoiles, Nadia Hashimi poursuit son exploration d’une Afghanistan meurtrie par les conflits politiques et les bouleversements historiques. Le roman met en lumière un épisode souvent peu évoqué : le coup d’État de 1978 et les violences qui ont suivi. À travers le destin de Sitara, l’autrice rappelle combien l’Histoire façonne les trajectoires individuelles et laisse derrière elle des générations marquées par l’exil, le deuil et le déracinement.

Le récit se distingue avant tout par la richesse de son contexte historique. On sent le travail de recherche mené par Nadia Hashimi, qui parvient à rendre accessibles des événements complexes sans jamais alourdir la narration. Cette dimension donne au roman une véritable force et nourrit l’intérêt tout au long de la lecture.

Pour autant, l’émotion n’atteint pas tout à fait l’intensité de La Perle et la Coquille. Là où ce précédent roman emportait immédiatement l’adhésion grâce à des personnages profondément incarnés, Sitara reste ici plus difficile à saisir. Son parcours impressionne, mais une certaine distance demeure, empêchant un attachement aussi fort que celui suscité par Rahima.

Reste un roman engagé, instructif et sensible, qui confirme le talent de Nadia Hashimi pour raconter les blessures invisibles de son pays avec humanité et pudeur.

Pour résumer…

Là où brillent les étoiles est un roman historique solide et documenté, qui éclaire une page méconnue de l’histoire afghane à travers le destin d’une survivante de l’exil. Si l’émotion se révèle moins marquante que dans La Perle et la Coquille, la lecture reste prenante grâce à la richesse du contexte historique et à la sensibilité de Nadia Hashimi.

Ma note…

13/20

Là où brillent les étoiles
Nadia Hashimi
504 p. Hauteville, 8,95 €

De la même autrice
La Perle et la Coquille

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