Depuis novembre, j’accompagne des auteurs dans la formation LiveMentor Publier son livre et trouver ses lecteurs.
Le mentorat a profondément transformé ma manière d’habiter ma place dans l’écosystème du livre. En trois mois, j’ai accompagné près de dix auteurs, réalisé 25 heures de suivi en visio, et reçu une note moyenne de 9,3/10. Mais au-delà des chiffres, c’est une posture qui s’est affirmée.
Le mentorat : une relation avant d’être une méthode
Ce que j’aime profondément dans le mentorat, c’est la relation en one-to-one.
Il est parfois difficile pour un apprenant de trouver sa place ou de se sentir en droit de s’exprimer lors des sessions de groupe, des formations formelles ou même à l’occasion d’une session unique individuelle. Le mentorat permet l’installation d’un rythme lent et régulier qui laisse toute place à la rencontre entre le mentor et le mentoré.
Très vite, un respect naturel s’installe, la discussion se fluidifie. Et peu à peu se créé un espace protégé où l’auteur⸱rice peut déposer ses hésitations, ses ambitions, ses doutes.
Au cours de ma carrière, j’ai rarement vu un dispositif qui laisse tant de place à l’humain au sens large. Car il ne s’agit pas uniquement de projets et de compétences, mais de personnalités, d’environnement personnels et professionnels, d’émotions, etc.
Je prends beaucoup de plaisir à voir se tisser cette relation de confiance. Je vois vraiment le mentorat comme une source d’enrichissement mutuel.
Des projets multiples, un même enjeu : oser sa voix
En trois mois, j’ai accompagné des univers très différents : romans de fiction, récits de vie, poésie, textes à la fois pédagogiques et spirituels.
Chaque auteur arrive avec son histoire et une couleur bien personnelle qu’il transmet à son manuscrit.
J’ai découvert -ou confirmé – une chose essentielle : les blocages sont rarement techniques.
Bien sûr, les apprenants se questionnent sur la plateforme de publication, la soumission d’un manuscrit aux maisons d’édition, la stratégie de communication à adopter, les démarches administratives et juridiques à réaliser, et j’en passe.
Mais presque toujours, l’enjeu principal n’est pas là : c’est la légitimité.
On hésite à être lu.
On craint le regard d’un proche.
On doute de la valeur de son travail.
Publier, c’est s’exposer et c’est là un aspect paradoxal du quotidien de l’écrivain, seul derrière son manuscrit.
Le mentorat, c’est aussi cela : un accompagnement psychologique discret, mais fondamental, pour aider l’auteur⸱rice à incarner son rôle.
Un accompagnement sur mesure
Travailler dans un cadre de mentorat impose de s’adapter continuellement.
Certains auteurs ont besoin d’un cadre clair : un plan d’action, une stratégie de publication, un positionnement éditorial précis. D’autres recherchent un regard plus fin sur le fond : cohérence du propos, structure du récit, angle différenciant. Quelque uns ont tout simplement besoin d’être rassurés.
Il n’y a pas de recette universelle, ni de discours standardisé. Mon rôle est avant tout d’écouter, de questionner, de structurer et d’éclairer.
Je ne donne pas des éléments clé en main, j’invite chacun à s’interroger sur ses besoins et aide à y répondre de la manière la plus adaptée.
C’est une école de l’humilité qui m’invite à embrasser différents points de vue, m’ouvre à de nouveaux horizons et m’encourage toujours plus à élargie mes modes de pensée pour ajuster mes recommandations concrètes à l’objectif de chacun.
D’un point de vue littéraire, être confrontée à des modes de fonctionnement différents est également très intéressant pour la construction de personnages de roman.
Ce que cette expérience m’a apporté
Devenir mentor a été une révélation !
Je me suis beaucoup interrogée au début sur ma propre légitimité en tant qu’autrice, à accompagner d’autres écrivains. Je l’avais évoqué mon premier article sur le sujet.
Être mentor m’a permis de poser un regard plus conscient sur mon propre parcours. Cela m’a rappelé la valeur du travail d’autoédition que j’ai mené pour Nos Certitudes et Souvenirs d’été. Les choix éditoriaux, la stratégie de diffusion, la construction d’un lectorat, les erreurs, les ajustements : tout cela constitue une véritable expérience.
J’ai compris que mon expertise ne se limitait pas à écrire, mais qu’elle réside dans ma capacité à analyser un projet, à en clarifier la vision, à anticiper ses enjeux.
Et, peut-être plus profondément, j’ai ressenti une chose simple : la sensation d’être à ma place, de faire quelque chose d’utile et qui a du sens.
Trois mois de mentorat, et une dynamique qui se prolonge
Ces trois premiers mois ont confirmé une intuition profonde : transmettre fait partie intégrante de mon parcours d’autrice.
Certains auteurs ont d’ailleurs choisi de poursuivre leur accompagnement en direct, au-delà du cadre initial. Preuve que le mentorat ne se limite pas à quelques sessions : il s’inscrit dans une trajectoire.
Écrire, publier, accompagner : trois dimensions qui avancent désormais ensemble.
Cette expérience m’offre :
- un regain de confiance,
- la confirmation que ma place dans l’écosystème du livre est légitime,
- un défi intellectuel constant,
- une envie renouvelée d’apprendre.
Chaque projet soulève des questions nouvelles. Chaque échange oblige à clarifier, argumenter, structurer. Tout cela s’inscrit dans une progression conjointe, tant des personnes accompagnées que de moi-même.

